Théâtre Historique
Un soir de l’hiver 1803-1804, aux Tuileries. Une conversation imaginaire entre Bonaparte et son deuxième consul, ami et confident, Jean-Jacques Régis de Cambacérès. Au comble de la tension entre l’esprit révolutionnaire et l’avidité de puissance, le vainqueur d’Arcole tente de rallier son complice à ses convictions. Une seule volonté anime le héros républicain ; bâtir sa légende. L’Empire, va-t-il démontrer avec éloquence, c’est la République qui monte sur le trône.

Pourquoi mettre en scène La Conversation ? La réponse, quoique simple, n’en demeure pas moins délicate dans sa complexité.
Napoléon a du génie. Il est romancier de sa propre histoire, il se construit au fil des victoires, politiques, militaires, et également dans le cadre personnel. Jean d’Ormesson nous présente à la fois l’homme et le mythe. L’Homme, qui lutte au quotidien avec sa vie de famille des plus compliquées, qui manœuvre seul, bien que conseillé, une nation en proie au tumulte, et le mythe, la légende, qui de par ses paroles, sa vision, nous entraine à sa suite jusqu’aux confins du monde, à la manière d’un Alexandre des temps modernes.
A l’heure où la figure historique de l’Empereur est controversée, il nous a semblé important de remettre en perspective les rêves et les actions d’un homme sans qui la France aujourd’hui serait bien différente. Il est facile de juger un homme sur ses actes seuls sans prendre en compte le contexte de l’époque et c’est ce que propose Jean d’Ormesson. La mise en scène, simple et épurée, mais toujours fidèle au cadre historique démontre ainsi au spectateur que les mots, comme les écrits, peuvent parfois rester au lieu de s’envoler. Les propos de Napoléon, recueillis dans ses correspondances, dans ses citations, font face au texte créé de Cambacérès que Jean d’Ormesson adapte aux circonstances de cette conversation imaginaire, mais qui, dans notre vision, aurait très bien pu avoir lieu selon la mise en scène ainsi montrée.
Texte : La Conversation de Jean d’Ormesson
Mise en Scène : Fabien Saye
Avec : Quentin Isabellon et Florian Joyau
Régie Technique : Pierre Fradin
Durée : 1h10